V1

Il faisait frais ce soir-là, je me sentais las lasse j’attendais que les heures passent je m’ennuyais au milieu des autres je me sentais quelconque et sombre

et soudain

elle est belle il est là je me demande qui il elle est s’il me regarde je souris timide je détourne le regard hagard et d’un geste frivole je fais mine de ne pas le voir elle

je m’approche et je l’observe sa bouche ses yeux son nez sa poitrine je passe ma main dans mes cheveux je ris j’oublie

le ciel est gris et tes mains sont roses, regarde-moi tes yeux bleus tiraillent mes lèvres en un sourire béat

les lumières éclatent dans mon ventre j’essaie de parler je tremble, que fait-il pourquoi qui est-ce et si jamais

discutons bavassons de tout de rien quel est ton nom je te reconnaîtrai entre mille

je frémis et je glisse, revoyons-nous bientôt

il est là elle brille parmi les autres non semblables parmi le rien du quotidien j’ai de l’allant mon envie ressuscite d’être parmi les gens je me fais beau belle je me sens bien claire j’exulte à l’idée de croiser qu’on s’entrecroise, je m’égare et ma faim s’éprend

je me sens excessif hystérique je fais de grands gestes je rougis sous tes yeux de rêve je ris trop fort je parle trop bas, je murmure des avances et je m’avance tout bas

je réalise que je ne peux pas je comprends qu’elle n’est pas à moi et je tressaille, j’honnis celui qui l’emporte je suis désolée et je m’en veux

ma soif s’attise et chaque heure qui passe est un supplice qu’ai-je fait pourquoi s’éloigne-t-il pourquoi s’évertue-t-elle alors qu’elle tue entre ses cuisses chaque espoir chaque soir de la posséder à cause de lui

je voudrais mourir entre tes dents ton sourire, j’en perds la raison d’être je trébuche

je te revois je souris par habitude, la solitude me tiraille j’excelle dans le rire éteint je sais que nous ne nous trouverons pas là mais je te regarde, je vis, je t’envie, j’aimerais te garder être plus près de toi que quiconque être ailleurs ensemble je délire tu me comprends et ça me fait mal

je me sens étrangère loin de toi et j’en ai peur je suis triste donne-moi tes yeux ton parfum je ne me sens plus à ma place fatalement

faut-il que je craque



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